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À l’occasion de la Journée internationale de l’éducation, célébrée chaque 24 janvier, une question essentielle s’impose : l’éducation est-elle réellement accessible à tous ? Si le droit à l’éducation est universel, son accès, lui, reste profondément inégal selon les situations, les profils et les besoins des apprenants.

Parmi les publics les plus concernés par ces inégalités figurent les personnes sourdes et malentendantes, trop souvent confrontées à des barrières invisibles mais bien réelles tout au long de leur parcours éducatif et professionnel. Ces obstacles ne relèvent pas d’un manque de capacités, mais d’un environnement pédagogique qui n’a pas été pensé pour elles.

Aujourd’hui plus que jamais, l’accessibilité est un pilier fondamental de l’éducation. Et lorsqu’on parle d’accessibilité, la question de la surdité doit être placée au cœur des réflexions pédagogiques, technologiques et institutionnelles. Car une éducation accessible aux personnes sourdes est, par définition, une éducation plus inclusive, plus juste et plus efficace pour tous.

La surdité : un enjeu majeur de l’accessibilité en éducation

La surdité est l’une des situations de handicap les plus répandues, mais aussi l’une des moins bien comprises. On estime à plus de 7 millions de personnes sourdes et malentendantes en France, soit environ 11% de la population. Derrière ce chiffre se cache une grande diversité de profils : personnes sourdes de naissance ou devenues sourdes, malentendantes, appareillées ou non, utilisant la Langue des Signes Française (LSF), la Langue française Parlée Complétée (LfPC) ou s’appuyant majoritairement sur l’écrit.

Contrairement aux idées reçues, la surdité ne se limite pas à une simple difficulté à entendre. Elle a un impact direct sur l’accès à l’information, à la langue, à la communication et aux apprentissages. Dans un système éducatif essentiellement basé sur l’oral, cette réalité crée une inégalité entre les apprenants entendants et les apprenants sourds.

Sans aménagements adaptés, un apprenant sourd ou malentendant peut : 

  • Manquer des informations essentielles durant la formation,
  • Fournir un effort de concentration constant et se fatiguer plus rapidement,
  • Se retrouver isolé au sein d’un groupe,
  • Décrocher malgré de réelles compétences et une forte motivation.

Ces difficultés ne sont pas liées au handicap en lui-même, mais à l’absence d’accessibilité.

Une éducation encore trop pensée pour les entendants

L’école, l’université et la formation professionnelle ont longtemps été conçues pour un public entendant. Cours magistraux, échanges spontanés à l’oral, vidéos pédagogiques non sous-titrées, consignes données uniquement verbalement… Autant de pratiques courantes qui, sans intention discriminante, excluent de fait les personnes sourdes et malentendantes.

Même dans le numérique éducatif, souvent présenté comme une solution inclusive, le constat reste mitigé. Le e-learning peut devenir un obstacle supplémentaire lorsque :

  • vidéos ne sont pas sous-titrées ou le sont de manière approximativement,
  • aucun interprète en LSF ou codeur en LfPC n’est prévu, 
  • les classes virtuelles ne proposent pas de solutions d’accessibilité, 
  • les supports audio ne sont pas transcrits,
  • les plateformes et l’équipe pédagogique ne tiennent pas compte des besoins spécifiques des apprenants sourds.

Sans accessibilité, les apprenants sourds doivent sans cessent s’adapter à un système qui ne les a pas intégrés dès le départ.

Éducation, surdité et accessibilité : bien plus que du sous-titrage

Lorsqu’on évoque l’accessibilité pour les personnes sourdes et malentendantes, le sous-titrage est souvent la première réponse envisagée. S’il est indispensable, il ne suffit pas à lui seul à garantir une réelle accessibilité.

Une approche réellement inclusive prend en compte l’ensemble de l’expérience d’apprentissage, notamment :

  • la qualitéla synchronisation et la lisibilité des sous-titres pour les contenus audios et vidéos, 
  • la structuration visuelle des contenus (présentations, supports pédagogiques, schémas, plans…),
  • l’accès à des supports écrits complémentaires, 
  • la possibilité de recourir à la LSF (Langue des Signes Française) ou à la LfPC (Langue française Parlée Complétée) selon les besoins, 
  • l’adaptation des modalités d’évaluation (tiers-temps, reformulation des consignes, aménagements spécifiques…). 

Penser l’accessibilité pour les personnes sourdes, c’est repenser l’ensemble de la chaîne pédagogique. Chez Elioz Campus, l’accessibilité ne s’arrête pas aux contenus pédagogiques. Nous accompagnons les apprenants sourds et malentendants à chaque étape de leur parcours, de l’inscription à la fin de la formation, pour leur offrir des conditions d’apprentissage réellement adaptées.

Éducation : l’impact de l’accessibilité sur la réussite des apprenants sourds

Les études comme les retours de terrain le confirment : lorsque l’accessibilité est intégrée dès la conception, les effets sont immédiats et durables.

Les apprenants sourds et malentendants gagnent en :

  • compréhension des contenus,
  • autonomie dans leur apprentissage, 
  • confiance en eux, 
  • engagement et persévérance. 

L’accessibilité améliore l’expérience d’apprentissage pour tous, tout en répondant aux besoins spécifiques des personnes sourdes et malentendantes.

Le numérique éducatif : un levier pour l’inclusion des personnes sourdes

Les nouvelles technologies, notamment avec l’arrivée de l’intelligence artificielle ces dernières années, offrent aujourd’hui des opportunités pour rendre l’éducation plus accessible aux personnes sourdes et malentendantes.

À condition, surtout, de ne pas confondre numérique et accessibilité. Trop souvent, l’ajout de sous-titres est perçu comme une réponse suffisante. Or, le numérique seul ne garantit pas l’accessibilité : c’est l’ensemble du parcours de formation qui doit être pensé et conçu de manière inclusive, en tenant compte des besoins spécifiques des apprenants sourds et malentendants.

Concrètement, cela implique :

  • Un accompagnement de A à Z, de l’inscription à la formation jusqu’à son terme, 
  • La présence d’un formateur LSF, interprète LSF ou codeur LPC, 
  • Du sous-titrage et de la transcription des contenus audio et vidéo, 
  • Des supports visuels renforcés, 
  • Des outils de visioconférence accessibles (Teams, Google Meet…), 
  • Des avatars conversationnels, comme IRIS développé par la société IVèS, 
  • Des plateformes conformes aux référentiels d’accessibilité (RGAA, WCAG). 

Chez Elioz Campus, nous défendons une approche où le numérique devient un outil d’émancipation, et non une nouvelle barrière. L’accessibilité n’est pas une contrainte, c’est un facteur de qualité et de performance pédagogique.

Former les acteurs de l’éducation à la surdité et à l’accessibilité

L’un des principaux freins à l’accessibilité reste le manque de formation des professionnels de l’éducation et de la formation. Enseignants, formateurs, ingénieurs pédagogiques ou responsables de formation ont pourtant un rôle central à jouer.

Se former à l’accessibilité et à la surdité, c’est :

  • mieux comprendre les besoins des apprenants sourds et malentendants, 
  • adapter ses pratiques pédagogiques au public sourd (sous-titres, visuels…),
  • concevoir des contenus inclusifs dès la phase de conception, 
  • répondre aux obligations légales, 
  • et surtout, adopter une posture réellement inclusive. 

Elioz Campus accompagne les centres et organismes de formation à chaque étape (diagnostic, bonnes pratiques, sensibilisation, outils, évaluation…), afin de rendre les formations professionnelles accessibles aux apprenants sourds et malentendants.

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